Éducation somatique et réflexes archaïques

Ostéopathie

Ecrit par : Dominique Laricq

Dominique Laricq est ostéopathe à Bidart

31 Mai, 2026

Étude somatique

Éducation somatique et réflexes archaïques
Comprendre l’intégration des réflexes pour rééduquer le corps et le système nerveux


Dans ma pratique d’ostéopathe, j’ai progressivement intégré différents outils permettant d’accompagner le patient au-delà du soulagement des douleurs – étude posturale, postgraduate en ostéopathie, hypnose conversationnelle, kinésiologie, intégration des réflexes archaïques, étude somatique …
Parmi eux, le travail autour de l’éducation somatique et des réflexes archaïques occupe aujourd’hui une place essentielle.
Cette approche permet de mieux comprendre comment le système nerveux s’organise, comment le corps se construit, et pourquoi certaines douleurs, raideurs ou fatigues persistent malgré les soins.

Une rencontre personnelle avec le travail des réflexes


Mon intérêt pour cette approche est né d’une expérience personnelle.
Alors que j’étais étudiant en ostéopathie, on m’a diagnostiqué un spondylolisthésis en L5-S1.
Sans prise en charge adaptée, l’évolution possible était celle d’un corps douloureux, limité, fragile.
Je ne voulais pas accepter cette perspective.
Plus tard, au cours de ma formation en kinésiologie, une consœur m’a amené à réfléchir autrement à cette fragilité.
Elle m’a proposée de travailler sur l’intégration des réflexes archaïques.
Pendant de nombreux mois, j’ai pratiqué quotidiennement les exercices proposés.
Rapidement, les douleurs ont disparu, la mobilité est revenue, la sensation de raideur a diminué. Le confort dans le corps persiste. Je veux croire qu’une sérénités de pensée y participe.
J’ai compris que ce travail ne concernait pas seulement les muscles ou les articulations.
Il s’agissait d’une véritable réorganisation du système nerveux, une forme de réinitialisation des schémas corporels.
Cette expérience a profondément influencé ma pratique, et m’a conduit à me former afin de proposer cet accompagnement aux patients du cabinet.

Que sont les réflexes archaïques – De quoi parle-t-on ?


Les réflexes archaïques sont des réactions involontaires présentes dès la vie intra-utérine.
Ils sont programmés génétiquement et permettent au bébé de se développer, de s’adapter et de construire ses potentiels de survie.
Ces réflexes jouent un rôle fondamental dans :
• la respiration
• la déglutition
• la posture
• la coordination
• l’équilibre
• la vision
• l’orientation dans l’espace
• la régulation émotionnelle

Au cours du développement normal, ces réflexes doivent progressivement s’intégrer pour laisser place, au fil des expériences, à un mouvement volontaire, stable et efficace.
Lorsque cette intégration est incomplète, le système nerveux reste dans un mode d’adaptation ou de protection, ce qui peut entraîner :
• douleurs chroniques
• raideurs
• fatigue
• troubles digestifs
• difficultés de concentration
• hypervigilance
• manque de stabilité
• perte d’énergie
• troubles posturaux

La sécurité du système nerveux avant la performance


Le cerveau fonctionne selon une règle simple : survivre avant tout, et de manière sécurisée.
Tant que le système nerveux ne se sent pas en sécurité, il privilégie la protection plutôt que la performance.
Cela peut se traduire par :
• une posture rigide
• une respiration bloquée
• des tensions permanentes
• une fatigue inexpliquée
• une difficulté à récupérer
• une hypersensibilité au stress

Le travail sur les réflexes archaïques vise justement à redonner au système nerveux une sensation de sécurité, afin qu’il puisse retrouver des schémas plus économiques et plus efficaces.

Tout commence très tôt dans la vie


Le développement du système nerveux commence dès la vie intra-utérine.
La naissance, l’alimentation, l’environnement familial, le stress, la sédentarité, les contraintes sociales ou scolaires, les traumatismes physiques ou émotionnels… tous ces éléments peuvent perturber l’intégration normale des réflexes.
Un réflexe non intégré n’est pas une maladie. C’est simplement un programme resté actif alors qu’il aurait dû évoluer.
Le cerveau s’adapte, compense, protège… mais ces adaptations peuvent coûter beaucoup d’énergie.
Avec le temps, cela peut se manifester par :
• des douleurs récurrentes
• un manque de mobilité
• une sensation de blocage
• une fatigue chronique
• une difficulté à se sentir stable ou en confiance

Rééduquer le système nerveux


Le travail des réflexes archaïques ne remplace pas les autres soins. Il les complète. Il peut s’intégrer dans une prise en charge pluridisciplinaire avec :
• ostéopathie
• kinésithérapie
• orthodontie
• orthoptie
• préparation physique
• psychomotricité
• médecine générale
• pratiques corporelles (yoga, qi gong, etc.)

L’objectif est simple :
permettre au système nerveux de retrouver des schémas plus adaptés, plus économiques, plus stables.
Cela se fait grâce à des exercices spécifiques, accessibles à tous, visant à stimuler les zones du cerveau impliquées dans l’intégration sensorielle et motrice.

Retrouver des mouvements fondamentaux


Le travail consiste souvent à revenir aux bases du développement :
• se retourner
• ramper
• marcher à quatre pattes
• coordonner les yeux et la tête
• sentir le contact
• explorer l’espace
• bouger avec curiosité

Ces mouvements, qui paraissent simples, sont essentiels pour la construction du système nerveux.Ils permettent de redonner au corps des repères plus stables et plus sécurisants.

Libérer le corps pour mieux faire face à la vie


Quand le système nerveux retrouve de la sécurité, le corps change.
On observe souvent et rapidement :
• moins de douleurs
• plus de mobilité
• plus d’énergie
• une meilleure récupération
• une respiration plus libre
• une meilleure stabilité émotionnelle

Le patient ne lutte plus contre son corps. Il retrouve une capacité naturelle d’adaptation.

Une question essentielle


Lorsque l’adulte d’aujourd’hui regarde l’enfant qu’il a été…
… que dirait-il à cet enfant ?
… que répondrait cet enfant à l’adulte ?


Comprendre son histoire corporelle, c’est souvent le premier pas pour retrouver de la liberté.

 

Sources et inspirations
Ce travail s’inspire des recherches et enseignements de nombreux praticiens et chercheurs, notamment :
• Jessica Collomb-Rousselin
• Stéphane Vaurs
• Paul Landon
• Moshé Feldenkrais
• Dr Bernard Bricot
• Lucas Bourguignon
• Dr Stephen Porges
• Zlata Magustova
• A. Jean Ayres
• Katy Bowman
• Dr Bruno Chikly


… et de nombreux autres qui contribuent à faire évoluer la compréhension du corps et du système nerveux.


La force de ces partages pluridisciplinaires, de ces rencontres, de ces courages, de chaque observation, de chaque constat, nous invite à rester humble avec ce qui est trop fermement acquis. Ainsi, à nous d’ouvrir la confiance aux générations à venir qui poursuivent ces chemins.



Dominique Laricq, ostéopathe D.O.
2, Rue Bazter – Bidart (64)
www.laricq-osteopathe.fr

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